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Exposition Arts de guérir en Afrique traditionnelle

 

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C’est l’itinéraire d’un malade d’Afrique Noire à la recherche du soulagement : la première étape montre les forces et les équilibres en jeu dans le village, la famille, la brousse, les ancêtres et les esprits (comment le mal naît d’un déséquilibre de ces forces malgré toutes les protections) ; la deuxième est le diagnostic (tous les arts de la divination) ; la troisième concerne les pratiques rituelles des guérisseurs et les médicaments, essentiellement les plantes. Enfin c'est une immersion dans les pratiques traditionnelles actuelles là-bas et en même temps en Europe : quelle modernité des tradi-praticiens ? Quels risques de déviances? Quelles  actions à conduire ?
 Les documents audiovisuels, les installations et objets - parfois de véritables  oeuvres d’art - sont des prêts de collectionneurs notamment nantais et de musées. 

 

Conférences ayant eu lieu pendant l’exposition

  

  • Troubles mentaux et médecine traditionnelle en Pays Dogon (Mali) Robert Feiss, psychiatre Paris Président de l’association Ibi So

Les tradipraticiens en santé mentale du Pays Dogon ont un savoir-faire historique et reconnu. Compte tenu de la rareté des structures psychiatriques au Mali et du coût exorbitant des thérapeutiques modernes pour les malades, la valorisation et le soutien de ces tradipraticiens est aujourd’hui le meilleur moyen de favoriser la prise en charge des maladies psychiques dans cette région. L’expérience de Robert Feiss est liée à de nombreux séjours utiles et engagés dans les villages de la falaise de Bandiagara.


 

  •   La guérison dans le système de pensée vaudou Yvan Etiembre Nantes site « Regard éloigné »

Le vodou est un vaste champ de croyances et de pratiques qu'on rencontre surtout au Bénin et  au Togo. Il existe aussi dans les Caraïbes et en Amérique du sud, suite à la traite des esclaves. C'est à la fois un système de pensée, une religion, une pédagogie de la vie et une médecine traditionnelle utilisant les plantes. Yvan Etiembre est - entre autres - un philosophe. Il est passionné par les cultures traditionnelles notamment africaines comme en témoigne son blog...


 

  1.  Avenir de la médecine traditionnelle, des pratiques et des plantes… Jacques Barrier, Olivier Grovel Facultés de médecine et de pharmacie Université de Nantes et Martin Sanou odontologiste Burkina Faso

La grande majorité des Africains n’utilisent que la médecine traditionnelle (MT) : ils consultent les devins - guérisseurs pour un soulagement de leurs maux grâce à des rites individuels ou en groupe et  surtout par la prise de plantes médicinales. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) part du constat qu’il est nécessaire d’intégrer la MT à la médecine conventionnelle dans un but de meilleure santé publique. Comment faire pour rationnaliser cette approche ? Comment les plantes des pays en développement sont elles prises en compte localement et dans le cadre de la mondialisation ? Les trois angles de vue des orateurs se complètent.


 

  • Les objets de représentation de la maladie en Afrique : gardes fous ? Outils de guérison ? Valérie Le Nghiem Paris Association Détours des Mondes

La représentation des maladies est  présente dans beaucoup de régions d’Afrique subsaharienne. En fonction des cultures, ces illustrations s’expriment sur des supports et objets différents. Leur expression, leur rôle ainsi que leur fonction sont variables selon les peuples. Donner une forme à la maladie permet  d’identifier le mal afin de l’éloigner et mieux le combattre. Dermatoses, variole, épilepsie, goitre, lèpre, paralysie, etc autant de représentations étonnantes à découvrir. Détours des Mondes est une association renommée qui multiplie les conférences d’intérêt sur les arts premiers dans une approche compréhensive.


 

  •  La stigmatisation liée au VIH au Congo Aurélie Pierre, médecin à la Consultation Jean Guillon CHU de Nantes avec François Raffi, Chef du service des maladies infectieuses au CHU de Nantes

Grâce à la Croix Rouge Française, Aurélie a fait un stage passionnant au Congo à Brazzaville et fait une étude en 2010-2011. La stigmatisation prend racine sur les inégalités sous jacentes. Elle est au centre des prises en charge des patients porteurs de maladies à représentations socioculturelles fortes telles que le VIH . Nous savons que les ¾ des décès liés au Sida sont hélas situés en Afrique. Quelles réactions de la société vis à vis de ces malades, de ces personnes particulièrement défavorisées ? Comment agir ? Le Pr François Raffi répond aux questions sur cette maladie universelle maintenant mieux contrôlée.


 

  •  Contrefaçon de médicaments, en Afrique et ailleurs: le nouveau visage du crime organisé. Wilfrid Rogé Paris  Institut International de Recherche Anti Contrefaçon de Médicaments (IRACM)

« Le médicament de la rue tue !» En Afrique cet avertissement ne suffit pas. Au vu et au su de tout le monde, les vendeurs écoulent dans la rue ces faux médicaments, vendus comme n’importe quel autre produit sur le marché et à des prix beaucoup moins élevés que dans les vraies pharmacies. Wilfrid Rogé explique la problématique de ces thérapeutiques illicites qui rapportent des milliards de dollars dans le monde ...  et les moyens de lutte engagés par l'IRACM au niveau international.


 

  • Le dialogue interculturel dans les problèmes de santé des migrants africains V Huqueleux Psychologue clinicienne CHU de Nantes, Jacques Barrier Université de Nantes

L’ensemble des médecins et autres professionnels de santé sont confrontés à une problématique tout à fait inhabituelle dans la prise en charge efficace des migrants africains ;  s’ajoutent les difficultés liées à la compréhension chez des patients allophones. Il n’y a pas eu la formation initiale spécifique permettant de prendre les meilleures décisions surtout en ce qui concerne les pathologies chroniques et la prévention. On ne peut pas se contenter de soulager… La formation au dialogue interculturel devient une exigence dans notre monde très évolutif. Laquelle et avec quels buts ?


 

  • La chirurgie du corps invisible en mission humanitaire en Afrique Patrick Knipper Chirurgien plasticien  Paris Président de l’association Interplast France

Il a réalisé de nombreuses missions chirurgicales humanitaires en Afrique, dont le film sur l’intervention sur un bec de lièvre chez une petite fille après avis des devins – guérisseurs montre la complexité.  Il développe ses orientations novatrices: la Chirurgie Plastique Nomade pour répondre à 80 % de la demande en chirurgie réparatrice qui se trouve en zone rurale ; le développement du concept d’Ethno-Chirurgie qui permet d’adapter l’acte chirurgical en fonction de l’environnement dans lequel il est effectué..., la Chirurgie Esthétique Humanitaire...

 

Contes et devinettes Sénoufo

A voir dans  "Médiathèque du musée"

 

Le Dr Rémi Fruchard a vécu plusieurs années en pays Sénoufo (Côte d'Ivoire) dans les années 1970. Il a collecté plus de 200 contes et devinettes locales et partage cette expérience avec les enfants de plus de 6 ans. A l'issue de la séance, les enfants découvrent la divination par le renard, les oracles à souris qui sont présentés à Cosmopolis lors de l'exposition. Ils voient un étal de "pharmacien" dans un marché africain.

 

 

 

Parrains de l'exposition

 

  • Jean Malaurie

                                                             

                      Jean Malaurie avec Claude Lévi-Strauss au stand de la collection Terre Humaine, au salon du livre de Paris en 1986.

La collection Terre Humaine, que j’ai créée en 1955, est née dans le Grand Nord à la suite d’une confrontation dramatique entre le peuple des Esquimaux polaires de Thulé, qui vivait alors une vie encore très archaïsante sur le plan technique, et une base nucléaire américaine. Cette confrontation, qui allait brutalement précipiter une civilisation millénaire dans le monde occidental moderne, s’est imposée pour moi comme un symbole, et c’est ainsi que Terre Humaine est devenue le porte-parole et, plus encore, le cri de tant de peuples opprimés, de tant d’hommes et de femmes humiliés au Nord, au Sud, à l’Est, à l’Ouest de notre planète. 

Afin que ce cri puisse retentir profondément, j’ai souhaité qu’il s’exprime tant par des témoins indirects que, directement, par ceux-là mêmes qui en sont des victimes. Et c’est ainsi qu’après le livre fondateur Les Derniers Rois de Thulé et celui qui devait être mondialement considéré comme un chef-d’œuvre, Tristes tropiques, de Claude Lévi-Strauss, Terre humaine a publié le bouleversant Soleil Hopi ou l’Indien Talayesva, puis Ishi, puis Les Carnets d’enquête d’Émile Zola.

Ainsi, pour la première fois dans une collection occidentale, étaient réunis sur un plan d’égalité la pensée d’hommes de la « Civilisation du livre » et celle d’hommes « sans écriture », si longtemps oblitérée. Tradition écrite et tradition orale enfin côte à côte, ensemble pour dénoncer à tous les niveaux les formes pernicieuses et multiples d’injustices qui ravagent notre monde moderne. Peu à peu, à travers ses cent-dix livres, Terre Humaine a poursuivi sa mission. La voix douloureuse, jusqu’alors étouffée, de tant d’offensés et d’humiliés a pu partout se faire entendre. 

La mondialisation est un malheur. L’un des grands mystères de l’histoire du monde est l’ordre de la nature. La morphogenèse est un enseignement. A quelque dimension que ce soit, la vie, végétale ou animale, pratique une architecture. Il est une géométrie des formes – que j’ai passionnément étudiée dans les éboulis du Nord du Groenland – propre aux pierres, propre aux fleurs,  propre aux fourrures des animaux sauvages. Il y a donc un ordre du monde, porté par la dynamique de la vie. Et il y a un ordre dans l’histoire des peuples. 

Ce n’est pas par hasard que, dans la longue histoire de l’humanité, successivement, des pensées multiples se sont affirmées avec des langues et des coutumes. Il appartient à l’homme de sagesse de reconnaître cette extraordinaire diversité. Le saccage auquel nous assistons, sous couvert de colonialisme, se traduit par l’écrasement des peuples vaincus et la destruction de la civilisation qu’ils portaient en eux.

En tant qu’ambassadeur à l’UNESCO, défenseur des peuples premiers de l’Arctique, je salue cette manifestation du MUCAVAN.  

Il est constant dans l’histoire des sciences qu’un esprit de supériorité, qui est justifié par de grandes découvertes, puisse rendre sourd et aveugle à l’égard de civilisations qui poursuivent une histoire qui leur est propre. 

Jean Malaurie 

Directeur fondateur de la collection Terre Humaine

 

 

  • Tobie Nathan

Professeur émérite de psychologie (ethnopsychiatrie) et écrivain éclectique (ouvrages scientifiques et romans policiers).

 

  • Dominique Sewane

Anthropologue et Maitre de conférence à Sciences Po, Paris, titulaire de la Chaire Unesco "Préservation du patrimoine culturel africain"

                                                                                        

 

 

  • Michel Serres

Philosophe, historien des sciences et homme de lettres.

 

  • Gérard Voisin

Sculpteur et poête

  • Messanvi Gbeassor
 Président de l'université de Lomé (Togo). Professeur titulaire en pharmacologie/physiologie, ancien directeur national de la recherche scientifique au Togo.