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Contes Senoufos

Publié dans Articles exemples

Contes Senoufos

 

ORIGINE DES FEMMES

Autrefois les femmes vivaient en brousse très loin des hommes.

Certains disaient que ce sont les femmes qui ont besoin des hommes, et d'autres le contraire.

Les hommes avaient un long tam-tam et ils dirent au joueur de tam-tam de jouer.

Le tam-tam disait :

« Un garçon a dix femmes. » 

Et il avançait petit à petit.

Le tam-tam dit encore :

« Un garçon a neuf femmes. »

Et les femmes et les hommes se rencontraient petit à petit.

Au fur et à mesure que le tam-tam jouait, le nombre de femmes diminuait et les hommes et les femmes se rencontraient.

Au dernier morceau, le tam-tam dit :

« Un garçon a une femme. »

Ceci étant dit, les femmes se sont mélangées aux hommes et c'est ainsi que les hommes et les femmes vivent ensemble.

 

ORIGINE DU SEXE MASCULIN

Avant, les hommes n'avaient pas de sexe. Les sexes étaient en brousse, comme les animaux.

Un jour, un chasseur est allé à la chasse. Les sexes avaient un tam-tam accroché à un grand arbre. Le chasseur a trouvé les sexes en train de danser. Ils tapaient le tam-tam tour à tour en sautillant.

Le premier jour, le chasseur les a vu en train de danser, il est revenu à la maison. On lui a dit de se débrouiller le lendemain pour apporter au moins un sexe.

Le lendemain, il a attrapé un sexe et il a apporté aussi leur tam-tam.

Arrivé au village, le chef du village a dit au sexe de taper le tam-tam. Le sexe leur a dit de l'accrocher sur une fourche. Ceci étant fait, le sexe sautait et tapait le tam-tam.

Le sexe était tellement intéressant qu'il fut logé au village, et après il est venu à l'homme.

C'est ainsi que les hommes ont un sexe, sinon les hommes n'avaient pas de sexe.

 

 

ORIGINE DU SEXE DE LA FEMME

Avant le sexe de la femme était au ciel avec Dieu, les femmes vivaient sans sexe sur terre.

Le sexe de l'homme qui était sur terre apprit cela et est allé voir un devin pour faire descendre le sexe sur terre.

Cette devin s'appelait Karlarwolo (preneur de femmes), elle lui a ordonné de faire un sacrifice et de chanter :

« Belle chose,

descends en bas

decends en haut »

Le sexe est descendu à mi-chemin et est resté suspendu en l'air. Le devin lui a dit de continuer à chanter.

« Belle chose,

descends en bas

decends en haut »

Il y avait une immense foule qui attendait le sexe.

Quand celui-ci est descendu, une femme a essayé d'amortir le choc et il est resté collé entre ses jambes.

C'est depuis ce jour que le sexe de la femme est arrivé sur terre.

 

 

POURQUOI LE CIEL EST ELOIGNE DE LA TERRE

Quand les hommes furent créés, il n'y avait rien pour se nourrir.

 Dieu mit à leur disposition le ciel qui était à deux mêtres de la terre. C'était une pate délicieuse, que chacun coupait pour subsister.

Dieu avait cependant interdit le gaspillage. Chaque quantité que l'homme prélevait devait être consommé.

Un jour, cette règle ne fut pas observée ? Un inconscient avait enlevé une trop grande quantité et n'avait pas pu la finir.

Dieu s'est mis dans une colère excessive, enleva le ciel et confia la terre aux hommes pour se nourrir.

C'est à partir de là que survint la souffrance sur terre.

 

 

LE BELIER ET LE GROS OISEAU

Autrefois, le monde était vide, il n'y avait personne sur terre. Il y avait un gros oiseau qui avait tout avalé, hommes comme animaux.

 Enfin, il ne resta qu'un mouton qui se cachait sous un rocher pour grandir, et donna plus tard naissance à un jeune bélier qui grandit à son tour. 

Tous les jours, le gros oiseau se lève et chante partout :

« Parcourir le monde, parcourir le monde.

J'ai mangé tous les animaux de la brousse, complètement.

J'ai mangé tous les êtres du village, complètement.

Parcourir le monde, parcourir le monde. »

Le bélier entendait et ne disait rien, mais dès qu'il devint grand, il dit à sa mère :

« Maman, je veux insulter l'oiseau. »

Sa mère lui répond :

« As-tu vu tes propriétaires ? 

A lui tout seul, il les a tous mangés, et tous nos parents et ancêtres.

Je suis restée, seule.

Je me suis cachée et je t'ai mis au monde.

Maintenant, tu vas l'insulter ? »

Le bélier lui dit qu'il l'insultera la prochaine fois qu'il redit la même chose.

Le lendemain, l'oiseau recommença son chant : 

« Parcourir le monde, parcourir le monde.

J'ai mangé tous les animaux de la brousse, complètement.

J'ai mangé tous les êtres du village, complètement.

Parcourir le monde, parcourir le monde. »

Le bélier dit à sa mère :

« Maman, je vais insulter l'oiseau. »

Sa mère lui dit :

« Laisse-le aujourd'hui.

Ou, si tu veux, il faut aller briser la grosse pierre que voilà.

Si tu arrives à la briser, je te laisserai aller contre l'oiseau. »

Le jeune bélier alla d'un seul coup de tête briser la pierre qui devint comme de la poudre.

Sa mère lui dit encore :

« Va essayer encore le gros arbre que voilà, le gros fromager. »

Le bélier brisa le fromager qui devint comme de la poussière.

Sa mère lui dit :

« La prochaine fois qu'il reviendra, je te dirai de l'insulter. »

Un autre jour, l'oiseau arriva en chantant :

« Parcourir le monde, parcourir le monde.

J'ai mangé tous les animaux de la brousse, complètement.

J'ai mangé tous les êtres du village, complètement.

Parcourir le monde, parcourir le monde. »

Le bélier sortit aussitôt, s'arrêta et dit :

« Parcourir ton sexe, parcourir ton sexe.

Tu as mangé les animaux de ton sexe.

Tu as mangé les êtres de ton sexe.

Parcourir ton sexe, parcourir ton sexe. »

L'oiseau se dit :

« Qu'est-ce qui ose encore m'insulter ?

Moi, j'ai tout anéanti en brousse comme au village.

Qu'est-ce qui ose encore m'insulter au monde ? »

Il chante à nouveau pour être sûr que quelqu'un l'insultait :

« Parcourir le monde, parcourir le monde.

J'ai mangé tous les animaux de la brousse, complètement.

J'ai mangé tous les êtres du village, complètement.

Parcourir le monde, parcourir le monde. »

Le bélier répondit encore :

« Parcourir ton sexe, parcourir ton sexe.

Tu as mangé les animaux de ton sexe.

Tu as mangé les êtres de ton sexe.

Parcourir ton sexe, parcourir ton sexe. »

L'oiseau s'envola loin vers le ciel et revint vers le bélier qu'il frappa durement. Le choc fut si fort que le corps de l'oiseau se brisa. 

Alors, tous les hommes sortirent de partout. Le premier homme qui sortit s'empara du bélier.

Si vous soyez qu'il y a des moutons dans le monde, c'est grâce à cet homme.

C'est aussi grâce à ce bélier que nous sommes là aujourd'hui.

 

 

SAVEZ VOUS D' OU VIENNENT LES TAM-TAMS DES GENIES ?

« Non »

Ces tam-tams appartenaient aux génies et chaque nuit ils se réunissaient au clair de lune pour danser.

Un jour un chasseur qui s'appelait Sandona se promenait  dans la nuit en brousse.

Comme la nuit était bien claire, les génies se mirent à jouer et à danser. Enfin le chasseur entendit le son des tam-tams qui résonnaient très fort et il se dirigea vers cet endroit.

Le chasseur les retrouva en train de danser et de chanter, alors il s'arrêta longtemps et comme un fou il s'élança dans la danse.

Il trouva qu'il ne devait pas laisser cette bellle danse aux génies mais il fallait la ramener au village.

Il décida de trouver un moyen. Il pensa, pensa et d'un bond il s'approcha du joueur de tam-tam et lui dit 

« C'est à moi de jouer maintenant et toi, va te reposer  »

Il prit le tam-tam et tourna le dos au chemin de son village et jouait en reculant

Comme les génies ont trouvé qu'il s'éloignait avec le tam-tam, ils entonnèrent une chanson

« Sandona, donne nous notre tam-tam

  Sandona, donne nous notre tam-tam »

Il répondait

«  Où que croyez-vous que j'aille avec votre tam-tam ?

    je vais jouer un peu et vous le remettre »

et en même temps il jouait fort sur le tam-tam qui résonnait

« Tiguitigueiguei, tiguititchipka,Tiguitigueiguei, tiguititchipka »

et les génies continuaient à danser et quelques instants plus tard, ils reprirent

« Sandona, donne nous notre tam tam

  Sandona, donne nous notre tam-tam »

« je vais jouer un peu et vous le remettre »

« Tiguitigueiguei, tiguititchipka,Tiguitigueiguei, tiguititchipka »

Comme il reculait avec le tamtam, il était presque arrivé au village.

Comme il ne vit aucun génie, il courut dans le village, le donna au Sando et devint le chef.